17 Juillet 2020

Mission

Le stress hydrique des écosystèmes et la gestion de l'eau

Grâce aux mesures thermiques de Trishna, il sera possible de suivre l'évolution du stress hydrique du couvert végétal sur l'ensemble du globe. En effet, le stress hydrique d'une plante peut être déterminé à partir de sa température de surface. Une température élevée indique qu’une plante ne transpire pas et qu’elle subit donc un stress hydrique. Avec des mesures tous les trois jours et une résolution de 57m Trishna délivrera des données extrêmement fines sur l'état hydrique des parcelles agricoles et des forêts à partir desquelles les gestionnaires du territoire pourront développer des techniques adaptées. Optimiser l'irrigation par exemple permettrait au secteur agricole de faire d'importantes économies d'eau alors qu'il représente aujourd'hui 70% de l'eau consommée mondialement. Déployer des techniques culturales cohérentes avec l'état des plantes pourrait améliorer la production, point essentiel pour nombre de pays comme l'Inde qui compte déjà plus d'un milliard d'habitants.

Par ailleurs, en évaluant l'évapotranspiration, Trishna informe indirectement sur les transferts biogéochimiques entre les différents compartiments terrestres : l'eau transporte avec elle certains polluants chimiques qu'elle dépose dans la terre lorsqu'elle s'infiltre ou dans l'air lorsqu'elle s'évapore. Connaissant ces échanges, il est possible d'aménager le territoire afin d'éviter la pollution des sols et d'améliorer la qualité de l'eau qui s'y trouve.

Hydrologie en zones littorales et continentales

Les températures à la surface des mers et des océans qu'obtiendra Trishna au niveau des côtes sont un bon indicateur des échanges gazeux entre le milieu marin et l'atmosphère. La dissolution de certains gaz comme le CO2 (dioxyde de carbone) ou au contraire son rejet vers l'atmosphère dépend de cette température de surface mais également de l'activité biologique en mer. L'interprétation des données permettra d'établir un état des écosystèmes marins : niveau des ressources halieutiques, risque de bloom marin (prolifération rapide du phytoplancton), qualité de l'eau de mer et des eaux continentales s'y déversant. Sur les deltas ou à proximité des centrales nucléaires par exemple, il sera possible d'observer les panaches thermiques se mélangeant et de suivre leur évolution. En milieu continental, la surveillance des rivières, lacs et autres points d'eau, est tout aussi nécessaire à la gestion des ressources hydriques et de la qualité des eaux.

îlots de chaleur urbains

En milieu urbain, l’aménagement des quartiers et les activités humaines génèrent des microclimats susceptibles d'affecter la qualité de vie et la santé des citadins. Avec la concentration de la population et la hausse des températures estivales, ces îlots de chaleur risquent de s'aggraver. Les mesures effectuées par Trishna permettront de mieux saisir l'effet d'une végétalisation et d'aider aux choix lors des constructions (architectures, orientations et matériaux des bâtiments, types de toitures, types de chaussées, ...).

cryosphère

Aux hautes latitudes et aux altitudes élevées, l’accès aux températures de surface amélioreront la compréhension du changement climatique sur la neige, les calottes polaires, les glaciers et le permafrost. En haute montagne, surveiller le cycle de l'eau via les glaciers, les neiges et les lacs offre la possibilité d'une meilleure gestion des bassins qu'ils alimentent. En Inde, où une part importante de l'eau disponible provient de l’Himalaya, cette mesure se révèle très utile. En effet, avec les précipitations, la distribution spatiale et latitudinale de la température est un pilote essentiel de l’hydrologie des bassins versants montagneux.

atmosphère

Le bilan énergétique des nuages est un poste clé du bilan radiatif global de la Terre. À ce titre, les mesures thermiques de Trishna contribueront à affiner nos connaissances sur le changement climatique en cours.

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